Depuis les dernières élections présidentielles frauduleuses de mars 2006, on pouvait être tenté de croire que l’opposition démocratique en Biélorussie avait enfin trouvé une tactique cohérente et allait sortir des divisions internes contre-productives. Avec l’émergence d’un leader unique, Alexandre Milinkevich, relativement connu dans le pays (malgré une censure de tous les instants) et bénéficiant d’une visibilité médiatique considérable à l’étranger, les plus optimistes pouvaient rêver d’une
sortie du tunnel, totalement irréaliste jusqu’alors. Force est aujourd’hui de constater que ce renouveau d’une opposition enfin réunie autour de l’essentiel est en train de retomber comme un soufflé.
Les forces d’opposition qui avaient désigné Milinkevich comme porte-étendard unique annoncent d’ores et déjà que lors du congrès prévu en mars, un changement de leadership serait à l’ordre du jour. Pour contenter des sensibilités très divergentes, il sera mis en place un système abscons de présidence tournante et une redistribution générale des rôles. Une décision surprenante qui semble ne tenir aucun compte des avancées réalisées par Alexandre Milinkevich dans sa prise de contacts à l’étranger, aboutissant comme on le sait au prestigieux prix Sakharov remis par les institutions européennes. En un an, l’opposition avait réussi à se doter d’un visage reconnu et d’une ligne politique cohérente, et tout semble aujourd’hui revenir au point mort, comme aux premières heures du régime, quand les leaders nationalistes historiques se voyaient contraints à l’exil et retombaient vite dans l’anonymat aux yeux de la population.
Malheureusement, on pouvait s’attendre un jour ou l’autre au retour de ce genre de travers, tant l’attelage est disparate. Des communistes pro-russes aux nationalistes pro-polonais, les différents courants ne se retrouvent coalisés que par la force des choses, le régime autoritaire ne leur laissant pas de marge de manœuvre pour exister de façon autonome. Au vu des déclarations des uns et des autres et des informations publiées dans la presse russe notamment, il semble qu’une fois de plus, ce soit le Kremlin qui tente de reprendre la main par l’intermédiaire d’une opposition à ses ordres, à défaut d’avoir pu manipuler Loukachenko.
Les communistes sont aujourd’hui les premiers à critiquer Alexandre Milinkevich, même si les initiatives récentes de ce dernier (cf. Lettre ouverte d’Alexandre Milinkevich au président Loukachenko) semblaient avoir une bonne chance d’aboutir à des résultats. Aux interlocuteurs inquiets d’un positionnement clairement pro-russe à même de remettre en cause l’indépendance du pays, le leader communiste Sergueï Kaliakine répond qu’on n’a jamais reproché au courant nationaliste son positionnement pro-polonais. La nuance est pourtant de taille car personne ne songe un instant que le gouvernement de Varsovie aurait des velléités colonisatrices envers la Biélorussie, ce qui n’est pas le cas du côté du Kremlin, où les néo-impérialistes ont le vent en poupe. Quoi qu’il en soit, cette lutte intestine, si elle n’aboutit pas à un retour à plus de pragmatisme, a déjà un vainqueur tout désigné : l’actuel président Loukachenko, trop heureux de se voir une nouvelle fois drapé des habits de seul garant de l’indépendance de "sa" Biélorussie.
ajouter un commentaire commentaires (2) créer un trackback recommander

ans. Le moins que l’on puisse en dire est que les interventions publiques de ce parlementaire ne redorent pas le blason d’une Pologne qui peine à s’imposer comme un membre influent et crédible, notamment depuis les élections de 2005 et la prise de pouvoir des jumeaux Kaczyński.
Centrale et Orientale en 2004, les frontières terrestres de l’enclave sont également celles de l’Union Européenne. La circulation entre ce territoire exigu (15.000 km² tout de même, soit le double de la Corse) et la métropole est très compliqué, soit par la route en traversant au minimum deux Etats souverains, ou par la Mer Baltique par un large contournement jusqu’à Saint-Pétersbourg.
souverain la moindre explication plausible sur ces départs. Dans un premier temps, c’est le ministre de la Défense Radosław Sikorski qui a été sommé de quitter ses fonctions, alors même que ses relations avec ses partenaires anglo-américains étaient considérées comme excellentes. Ceci n’est pas un détail négligeable, à l’heure où l’armée polonaise est engagée à la fois en Afghanistan et en Irak, où la situation est notoirement critique. Il semblerait que le différend ait porté sur l’épuration des officiers nommés à l’époque communiste : Sikorski souhaitait que soient conservées les personnes compétentes alors que l’idéologie des jumeaux exigeait d’écarter aveuglément tout suspect de collaboration.
décidé d’adresser une lettre ouverte au président Loukachenko.
dans un style purement stalinien au mois de janvier (cf. 

