La décision prise le 1er février par le Conservateur en chef du district de Varsovie Maciej Czeredys est historique à plus d’un titre. Le plus grand bâtiment de la capitale, qui domine du haut de ses 230m la place de la gare centrale depuis plus d’un demi-siècle, est désormais inscrit au patrimoine national au même titre que les palais de Wilanów et Łazienki à Varsovie ou le célèbre château Wawel de Cracovie. Cette promotion n’a pas été sans susciter une hostilité farouche d’une partie des experts et des responsables politiques, en raison de la forte connotation historique du bâtiment.
Le Palais de la Culture
et de la Science (Pałac Kultury i Nauki, PkiN) est en effet connu pour avoir été le cadeau de Joseph Staline à la jeune République Populaire de Pologne. Construit de 1952 à 1955 par une véritable armée d’ouvriers (3.500 au total, dont autant de Polonais que de Soviétiques) dirigée par l’équipe d’architectes soviétiques de Lew Rudniew, il se voulait le symbole éclatant de l’amitié polono-soviétique. Autant dire que cette incarnation du style dit « réaliste-socialiste » a longtemps eu un goût amer pour une population qui, après avoir souffert de la guerre, était lasse de subir l’occupation de l’Armée Rouge, qui lui laissait une souveraineté nationale fort limitée.
Depuis la fin de l’époque communiste, la rancoeur à l’égard du monument s’est nettement estompée, faisant place à une forme de sympathie volontiers moqueuse pour cette tour immense, au style soudainement devenu anachronique. La fameuse plaisanterie qui faisait du gardien du Palais l’habitant le plus heureux de la ville (« car il est le seul à ne pas le voir en ouvrant ses fenêtres le matin… ») est toujours aussi populaire, mais plus personne ne songe à parler de démolition.
La tour est incontournable, notamment par son activité économique : 123.000 m² de surface en tout, 3.200 logements et bureaux, 70 institutions (théatres, cinémas, musées) pour un total de 5.000 personnes employées dans ses murs. L’aspect artistique de l’édifice est désormais reconnu à sa juste valeur par ce classement au patrimoine, ce qui n’est que justice pour les nombreux peintres, sculpteurs, céramistes et décorateurs qui ont mis tous leurs talents au service d’une propagande dont ils ne partageaient pas forcément les idées. Cet aspect a certainement échappé aux principaux opposants au projet, notamment à l’ancien responsable local de PiS (droite conservatrice actuellement au pouvoir) qui a voulu s’immiscer dans le dossier en dehors de toute légalité, dans une optique idéologique. La raison l’a finalement emporté, on ne peut pas effacer aussi facilement un demi-siècle d’histoire : à travers cette reconnaissance du PkiN, la Pologne se réconcilie peut-être un peu davantage avec un passé récent qui reste tellement douloureux.
ajouter un commentaire commentaires (1) créer un trackback recommander

n'a pas non plus échappé aux habituels contrebandiers, pirates et filous opportunistes en tout genre. Précisément un type de population dont on retrouve depuis toujours de sympathiques spécimens dans les travées du Stade des Dix-Ans (Stadion Dziesięciolecia) de Varsovie. Ce stade, inauguré au moment du dizième anniversaire de la République Populaire, d'où son nom, ne sert pratiquement plus d'enceinte sportive depuis l'époque communiste. Situé sur la rive orientale de la Vistule, mais relativement proche du centre-ville, le Stade et ses environs sont recyclés en un immense bazar que les touristes connaissent généralement sous le sobriquet de "marché russe de Varsovie". Légère simplification car la foule considérable de petits vendeurs qui viennent chaque matin dès l'aube déballer leurs tréteaux sont plutôt ukrainiens et biélorusses, sans compter les nombreux commerçants vietnamiens et coréens.
candidats, jeunes pour la majorité d’entre eux, cherchent à travailler à l’Ouest du continent, même pour de courtes périodes, espérant ainsi améliorer leur niveau de vie. Ce phénomène, qui est par ailleurs lourd de conséquences sur l’économie polonaise (cf.
Poutine et fin connaisseur des pays de l’ex-Union Soviétique, le dirigeant biélorusse a bien entendu profité de la tribune qui lui était offerte.
de l’Union Européenne peut encore, en 2007, accuser un retard flagrant en ce domaine sur des pays de tradition musulmane tels que la Libye ou la Tunisie, cités dans le rapport. C’est le cas de la Pologne, où le sujet apparaît comme un véritable tabou, en particulier dans les zones rurales, comme on peut l’imaginer.
l’un envers l’autre et envoyé à l’Occident le signe fort d’une alliance qui pourrait se révéler redoutable. L’accolade des deux dirigeants " anti-impérialistes ", si elle n’a pas eu le retentissement médiatique qu’on aurait pu attendre, n’a bien entendu pas échappé aux diplomates occidentaux.

