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Mardi 23 janvier 2007

Le constat commence doucement à se préciser et n’est peut-être pas aussi paradoxal qu’il en a l’air : certains secteurs économiques polonais vont bientôt être en manque de main d’œuvre alors que les chômeurs restent nombreux. Les chiffres du chômage sont en baisse depuis la chute du régime communiste en 1989, avec une nette accéleration du mouvement depuis l’entrée du pays dans l’Union Européenne. Le taux est ainsi passé depuis 2003 de 20% à moins de 15% aujourd’hui, ce dernier chiffre étant sujet à contestation du fait de l’éventuelle inscription sur les listes de demandeurs d’emploi de travailleurs émigrés dans les Iles britanniques (cf. L'Irlande chaque année un peu plus polonaise).

A la fin de l’année 2006, le président Lech Kaczyński estimait ainsi qu’un million de chômeurs déclarés seraient dans le même temps employés à l’étranger. Ce chiffre est difficile à vérifier mais laisse planer un doute sérieux sur le niveau réel du chômage dans le pays. Dans le même temps, on sait de façon certaine que depuis 2005, c’est près de 2 millions de Polonais qui sont venus rejoindre en toute légalité leurs compatriotes qui travaillaient déjà dans l’Union Européenne. Les secteurs privilégiés sont entre autres le bâtiment et la production agricole, où les employeurs apprécient le très bon niveau de formation et la compétitivité des travailleurs polonais au regard des salaires proposés au pays.

Dans certaines régions, c’est une personne sur quatre en âge de travailler qui cède aux sirènes ouest-européennes alors que dans le même temps, les indicateurs de la production et de la consommation intérieures sont au vert. Faute de pouvoir retenir les travailleurs du cru, les patrons polonais comptent beaucoup à leur tour sur une main d’œuvre venue de l’étranger. En premier lieu, ce sont les nouveaux adhérents à l’Union Européenne qui sont considérés comme un fournisseur potentiel de main d’œuvre dans les secteurs cités plus haut. Mais Bulgares et Roumains peuvent désormais tenter eux aussi leur chance à l’Ouest du continent et ne sont que modérément intéressés par un travail en Pologne, malgré la différence de salaires avec ce qui se pratique chez eux. Le chantier naval de Gdańsk a ainsi contacté l’ambassade bulgare dès le début de l’année, à la recherche de 200 ouvriers spécialisés (soudeurs ou caristes essentiellement) : alors que le salaire proposé est de 3500 zlotys mensuels (près de 900 euros), soit plus du double de ce qu’un ouvrier bulgare peut espérer au pays, les candidats ne se pressent pas.

Il reste aux entrepreneurs à se tourner vers l’Ukraine, où les candidats devraient être plus nombreux, faute d’accord global entre l’Union Européenne avec ce vaste pays (près de 50 millions d’habitants). Les ouvriers ukrainiens devraient ainsi bientôt combler la pénurie constatée, en attendant que les salaires polonais deviennent suffisamment attractifs pour freiner l’exode vers l’Ouest. On se souvient qu’en 2005, les rancœurs euro-sceptiques à l’Ouest (et notamment en France) s’étaient cristallisées autour du désormais célèbre " plombier polonais " (cf.illustration ci-contre), un phénomène similaire, un peu plus à l’Est cette fois n’est pas à exclure. Le " plombier ukrainien " à l’assaut de la Pologne, c’est pour quand ?

 

 

par Wawrzek Lothringer publié dans : Pologne-Actualité
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Jeudi 18 janvier 2007

Au cours du dernier scrutin présidentiel de mars 2006, le président Alexandre Loukachenko avait généreusement permis à deux représentants de l’opposition (Alexandre Kazouline et Alexandre Milinkievich) de présenter leur candidature. Ces derniers n’avaient pas eu accès aux médias contrôlés par le régime et la fraude avait été si évidente que les institutions européennes avaient protesté contre ces irrégularités. La victoire du sortant par 82% n’a été reconnue par aucune puissance étrangère, exception faite de la Russie, ce qui n’a que très modérément ému Alexandre Loukachenko. Celui-ci s’était alors permis d’ironiser sur le score de l’opposition, en reconnaissant devant des journalistes avoir trafiqué les résultats ... pour remonter le score de ses adversaires et leur éviter ainsi l'humiliation!

Dimanche dernier, les citoyens biélorusses ont été appelés à "choisir" leurs représentants locaux et régionaux et cette fois, toute relique de mise en scène vaguement démocratique a purement et simplement disparue. A quoi bon faire semblant de laisser une marge de manoeuvre à une expression pluraliste alors que les puissances étrangères ne sont pas dupes? Le scrutin a donc cette fois été verrouillé sans artifice et sans scrupule, le maître du pays se souciant moins que jamais des éventuelles réactions internationales.

Quelques chiffres sont révélateurs d'une farce pseudo-électorale d'un cynisme certainement inégalé, même en terre biélorusse. Les citoyens devaient donc voter simultanément pour des responsables de quatre niveaux : municipal, cantonal, départemental et régional, soit au total 22.658 places à pourvoir. En moyenne, chaque circonscription avait enregistré 1,04 candidat par poste, soit seulement 900 candidats non désignés par le pouvoir dans l'ensemble du pays! Il va sans dire que la plupart de ces rebelles ne sont pas vraiment membres de partis d'opposition mais souvent des indépendants apolitiques ou des faire-valoir d'un adversaire officiel. Les votes ont été contrôlés par 16.000 bénévoles, tous encartés dans des organisations syndicales ou des mouvements de jeunesse proches du pouvoir. Pas un seul observateur étranger n'a pu pénétrer dans le pays : même pas un Russe, un Turkmène ou un Nord-Coréen pour admirer la splendide organisation du maître de cérémonie.

Au total, les estimations de l'opposition et des journalistes étrangers présents (clandestinement) concordent : on pense que trois ou quatre candidats (sic) non-officiels seraient passés entre les mailles du filet et pourraient théoriquement sièger dans des conseils de canton, dans des zones rurales uniquement. A Minsk et dans les grandes villes en revanche, aucune figure un tant soit peu connue n'a pris le risque de s'exposer et de cautionner ce scrutin que n'aurait pas renié le "Petit Père des peuples". Certainement rassuré par l'épisode de bras-de-fer avec la Russie au sujet du gaz et du pétrole (alors même que le bilan n'est certainement pas aussi tranché que la partie biélorusse semble s'en vanter), le président Loukachenko montre une fois de plus qu'il faudra, bon gré mal gré, compter avec lui et ses sbires pendant encore de longues années. Le vent de la démocratie n'est pas prêt de souffler sur la Biélorussie...

 

par Wawrzek Lothringer publié dans : Biélorussie-Actualité
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Mardi 16 janvier 2007

A la fin du mois de novembre, les autorités lituaniennes avaient interpellé un citoyen biélorusse qu’elles soupçonnaient d’activités d’espionnage sur leur sol (cf. Un espion biélorusse interpellé en Lituanie). Elles soupçonnaient Sergueï M., 40 ans, de collecter des informations confidentielles concernant essentiellement les intérêts stratégiques de la Pologne. Détenu depuis dans une prison des environs de Vilnius, l’espion présumé devrait être extradé avant la fin-janvier comme le réclament les autorités polonaises depuis le début de l’affaire.

On en sait désormais un peu plus sur les activités que l’on reproche au Biélorusse et qui sont à l’origine de la mobilisation des autorités de Varsovie, en coordination avec leurs homologues baltes. Sergueï M. aurait collecté, notamment auprès d’un intermédiaire polonais nommé Krzysztof G., des renseignements sur des employés du Ministère Polonais des Affaires Etrangères : les identités, numéros de téléphone et adresses personnelles se seraient négociés autour de 500$. Des documents confidentiels émanant directement du dit-ministère auraient également été dérobés, mais la presse n’en sait pas plus pour le moment, comme on pouvait s’y attendre. Il semble que c’est ensuite par l’enclave russe de Kaliningrad que les informations auraient transité, au vu des nombreux séjours du suspect sur ce territoire.

Jusqu’à maintenant, aucune mise en cause des autorités biélorusses n’a été directement formulée par la justice polonaise : c’est à titre individuel que le suspect sera poursuivi dès son arrivée en Pologne. Pour retarder voire empêcher son extradition, il ne reste en principe plus de recours à ses avocats, après la décision de la cour d’appel. L’avocat lituanien Albertas Bandzius veut tout de même transmettre le cas de son client à la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg. Il justifie sa démarche par un accord de coopération lituano-biélorusse qui prévoit qu’un citoyen d’un de ces deux pays a dans l’autre pays les mêmes droits qu’un autochtone : l’extradition deviendrait donc théoriquement impossible. Cet accord date de l’époque (lointaine…) où les deux pays étaient fraîchement indépendants et envisageaient sérieusement une union à quatre avec les deux autres pays baltes pour sortir en douceur de l’époque soviétique. Depuis, les chemins des deux Etats voisins (et jadis réunis au sein du Grand-Duché de Lituanie, cf. blason ci-contre, revendiqué par les nationalistes des deux pays) se sont sensiblement séparés : la Lituanie tournée vers l’Ouest et l’Union Européenne, la Biélorussie vers la Russie et aujourd’hui … vers elle-même.

Cette tentative d’empêcher la prise en main de l’affaire par une juridiction polonaise est donc vouée à l’échec, d’autant plus que la coopération entre Polonais et Lituaniens semble efficace, dans un contexte de relations de voisinage au beau fixe : en 2006, le véto polonais à l’ouverture de négociations de l’UE avec la Russie avait déjà reçu l’appui inconditionnel et remarqué de la Lituanie. Le parlement de Vilnius examine en ce moment une proposition de loi du groupe conservateur qui vise à instaurer le 3 mai comme fête nationale : cette date marque l’anniversaire de la Constitution polono-lituanienne et n’était célébré jusqu’à présent que du côté polonais. Ce symbole fort de réconciliation régionale survient précisément au moment où la Biélorussie ressent le plus douloureusement la pression russe : le régime de Loukachenko, à la fois en quête de survie et d’alternative à sa dépendance au Kremlin saura t’il enfin s’inscrire positivement dans ce contexte régional ?

 

par Wawrzek Lothringer publié dans : Biélorussie/Pologne
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Vendredi 12 janvier 2007

En marge de la tumultueuse cérémonie d’investiture de Monseigneur Wielgus (cf.L'affaire Wielgus embarrasse l'Eglise et bouleverse les fidèles), Roman Giertych, le vice-premier ministre en charge de l’Education, a révélé à la radio que l’annulation de la cérémonie avait peut-être également un lien avec la sécurité du chef de l’Etat. Cette information a rapidement été reprise par les médias puis mise en relation avec la prolongation de garde à vue d’un jeune Varsovien d’une vingtaine d’années, Mirosław M., arrêté samedi en fin de journée. La police a ensuite confirmé que le jeune homme était effectivement interrogé au sujet d’une tentative d’empoisonnement sur la personne de Lech Kaczyński, Président de la République de Pologne.

Les investigations policières ont commencé jeudi, suite à l’appel anonyme d’un citoyen affolé par un courrier électronique (qu’il a prétendu avoir reçu par erreur d’un expéditeur inconnu) annonçant qu’un attentat sur la personne du Président était planifié au cours du repas officiel donné à l’issue de la cérémonie, en la cathédrale de Varsovie. Après deux jours de recherches, les services de sécurité gouvernementaux ont pu localiser et interpeller le mystérieux expéditeur du courrier électronique à Targówek, un quartier de la capitale. Les enquêteurs ont été immédiatement troublés par le fait que Mirosław M. est employé à l’intendance de l’archevêché de Varsovie… et était affecté au service à la table des personnalités lors du fameux repas officiel. Il lui était donc possible matériellement de perpétrer cet attentat, justifiant ainsi la mise en alerte des services de sécurité qui auraient certainement voulu préserver plus longtemps la confidentialité autour de cette enquête, pour éviter les spéculations de la presse.  

Depuis son interpellation, le suspect adopte une ligne de défense peu surprenante : il dit avoir voulu faire une plaisanterie auprès de ses amis, parmi lesquels on trouve donc certainement le dénonciateur anonyme à l’origine de l’intervention policière. Même si au final, les enquêteurs devaient conclure à une mauvaise plaisanterie, le jeune homme risque une peine pouvant aller jusqu’à huit années d’emprisonnement. Mirosław M. a été remis en liberté sous contrôle judiciaire mais le Parquet a annoncé que des poursuites seraient engagées contre lui et que d’ores et déjà, des échantillonnages avaient été effectués sur les restes du fameux repas.

La présidence tient à montrer sa fermeté dans cette affaire et surtout retrouver sa crédibilité après l’épisode cocasse du printemps dernier où une plainte avait été déposée pour "manque de respect envers le chef de l’Etat" à l’encontre d’un sans-abri passablement éméché qui criait à tue-tête dans le hall de la gare de Varsovie son manque de sympathie pour Lech Kaczyński ... L’opinion publique avait trouvé démesurée la réaction des collaborateurs du chef de l’Etat qui étaient allés jusqu’à exhumer un vieil article du Code Pénal pour justifier les poursuites : on saura certainement dans les prochains jours si dans le cas présent, il s’agissait d’une menace sérieuse ou d’une blague douteuse qui aura mobilisé à la fois police et médias.

 

par Wawrzek Lothringer publié dans : Pologne-Actualité
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Mercredi 10 janvier 2007

C'est finalement au cours de la messe dominicale en la cathédrale de Varsovie que l'éphémère archevêque de la capitale polonaise Stanisław Wielgus a annoncé, en présence du primat de Pologne Józef Glemp et des plus hautes autorités de l'Etat (dont notamment le Président Lech Kaczyński), qu'il renonçait à cette charge prestigieuse. Le soutien que lui a alors manifesté l'écrasante majorité des fidèles présents a été si bruyant, et pas seulement à l'extérieur de l'édifice, qu'un chroniqueur a pu parler de " caverne de voleurs ", reprenant l'expression des Evangiles. L'ecclésiastique, pourtant convaincu de collaboration avec les services secrets à l'époque communiste, soutenu par des fidèles convaincus de sa bonne foi et qui accusent le Saint-Siège de l'avoir poussé à démissionner, l'image est troublante dans le pays le plus pieux du monde catholique.

L'ampleur des activités menées par Stanisław Wielgus pour le compte des services de renseignements de la République Populaire n'est pas encore clairement connue : véritable œil de Moscou ou indicateur occasionnel, l'essentiel est ailleurs pour l'opinion publique. Les Polonais se sont habitués depuis quelques années à la mise en lumière du passé plus ou moins collaborateur de nombreuses personnalités publiques par l'Institut de la Mémoire Nationale (IPN), spécialement créé pour exhumer les dossiers de l'ancienne police politique. Mais dans le cas présent, il s'agit d'un dignitaire religieux et le choc est rude car jusqu'alors les hommes d'Eglise étaient plutôt considérés comme les fers de lance de la résistance au temps du communisme. Les figures emblématiques du primat Stefan Wyszyński, emprisonné en 1953 ou du père Jerzy Popiełuszko, assassiné par des policiers en 1984 sont considérés unanimement comme des héros, sans parler bien entendu du pape Jean-Paul II.

Ce retour à une réalité moins héroïque est douloureux pour une Nation qui aime volontiers à se tourner vers un glorieux passé de résistance aux oppresseurs. Deux ans après la disparition de " leur " pape, les fidèles polonais doivent se rendre à l'évidence, les religieux n'échapperont pas à la politique dite de " lustration " même si l'autorité morale de l'Eglise doit en ressortir écornée. Cette épreuve peut d'ailleurs montrer la capacité de réaction et de transparence de cette puissante institution, liée à l'Etat par un Concordat qui n'a pas son équivalent en Europe. On dit même dans la presse que la démission de Monseigneur Wielgus aurait suivi une conversation téléphonique entre le pape Benoît XVI et ... le président Kaczyński, soucieux de préserver l'image de l'Eglise : une imbrication des pouvoirs religieux et politique qui montre, s'il en était besoin, qu'on est en présence d'une crise d'identité qui touche en profondeur la société polonaise.

 

 

par Wawrzek Lothringer publié dans : Pologne-Actualité
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Samedi 6 janvier 2007

La République d'Irlande, après avoir été pendant des siècles une terre d'émigration massive, notamment à destination de l'Amérique du Nord, connaît depuis quelques années un boom économique spectaculaire qui est parvenu à inverser cette tendance historique. Aujourd'hui l'île n'attire pas uniquement des dizaines de milliers de touristes, avides de folklore celtique et de grandes prairies vertes de cartes postales, mais également des travailleurs immigrés en très grand nombre. Depuis l'élargissement de l'Union Européenne aux pays de l'ex-Bloc de l'Est en 2004, c'est incontestablement la Pologne qui fournit le groupe le plus nombreux de migrants.

Organisés en communauté, à la manière de leurs aïeux qui étaient venus en leur temps extraire le charbon des mines du Pas-de-Calais, les Polonais ont leurs commerces, leurs bars, leurs réseaux d'entraide, leurs circuits de recrutement, leurs associations culturelles. Le Ministère irlandais des Affaires Sociales estime à 90.000 le nombre de Polonais ayant obtenu leur premier permis de travail en 2006, alors même que ce chiffre ne peut pas encore inclure le mois de décembre : c'est 25.000 de plus que pour toute l'année 2005. Au total, les estimations oscillent entre 150 et 300.000 Polonais travaillant en toute légalité en Irlande, pour une population de 4 millions d'habitants.

Quelques paramètres peuvent être mis en avant pour expliquer le phénomène : en premier lieu, bien entendu, la prospérité irlandaise, dirigée essentiellement vers le secteur tertiaire, a tellement fait baisser le chômage qu'on a vu apparaître une pénurie de main d'oeuvre, notamment dans l'industrie ou le bâtiment. Or, c'est précisément dans ce dernier secteur que les travailleurs polonais ont la meilleure "cote" en Europe : bien formés, très compétitifs au vu du taux de chômage et des salaires pratiqués au pays et, qui plus est, précédés d'une réputation qui s'améliore au fil des années comme le montrent de nombreuses enquêtes.

Mais la croissance irlandaise n'explique pas à elle seule cet engouement des Polonais : l'attirance pour l'Irlande ne faiblit pas, au contraire de l'émigration vers la Grande-Bretagne qui semble se stabiliser et qui pourrait même diminuer dans un avenir proche, alors que les salaires britanniques restent plus attractifs. Le critère affectif entre certainement en jeu : les Polonais se sentent mieux dans ce pays catholique qui a connu lui aussi l'émigration dans le passé et semble s'accommoder de la présence de ces nouveaux arrivants. Gardons-nous toutefois de tomber dans un optimisme béat car la bonne image dont jouissent les Polonais (au contraire de ce qui se passe en Grande-Bretagne où la presse populaire a tendance à voir un Lech ou un Jacek derrière chaque crime crapuleux) pourrait ne durer qu'un temps : actuellement, leur présence n'a pas eu d'impact négatif sur le chômage irlandais. Si la croissance devait ralentir, les vieux démons pourraient revenir à la surface et le nouvel Eldorado vert devenir brusquement moins accueillant pour les polish workers...

par Wawrzek Lothringer publié dans : Pologne-Actualité
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