Après avoir participé ensemble au grand sommet anti-américain organisé par Fidel Castro à la mi-septembre, les présidents iranien et biélorusse continuent sur la voie de la coopération et de l'amitié entre les deux régimes.
Alexandre Loukachenko s'est rendu en visite officielle en Iran à l'invitation de son "grand ami" Mahmoud Ahmadinejad. Encouragé par ses récents succès diplomatiques auprès notamment de Cuba et du Vénézuela d'Hugo Chavez, le président biélorusse est arrivé dimanche 5 novembre à Téhéran. Il annonce d'emblée la tonalité amicale de sa visite et sa volonté de collaborer dans tous les domaines avec l'Iran, y compris le domaine militaire. Selon lui, rien ne justifie que le pays de son hôte n'ait pas accès à la bombe atomique, alors même que l'Inde, le Pakistan ou la Corée du Nord possèdent notoirement cette technologie.
Les deux dirigeants ont annoncé vouloir porter le volume annuel de leurs échanges à la hauteur d'un milliard de dollars. Le chiffre avancé est particulièrement ambitieux, en comparaison du chiffre actuel de 38 millions de dollars annuels. L'industrie biélorusse devrait ainsi implanter prochainement en Iran une chaîne de montage de ses célèbres tracteurs, fleuron de l'industrie soviétique toujours très actif dans le pays. Dans le même temps, les Iraniens vont développer la production de leurs automobiles de tourisme "Samand" en territoire biélorusse (48 véhicules produits depuis le début de l'année).
Même si le développement de cette coopération industrielle tient apparemment à coeur aux deux dirigeants, il ne suffira pas à multiplier par 30 (!) les échanges irano-biélorusses, loin s'en faut. C'est bien dans le domaine militaire que va se situer l'essentiel du commerce. Les Iraniens ont un besoin vital d'accéder notamment à la technologie russe de missiles air-sol en ces temps de bras-de-fer avec le "Grand Satan" américain. Or, les autorités biélorusses ont accès à cette technologie et ne sont pas privés dans le passé de revendre des armes à des pays hostiles aux Etats-Unis (Irak, Vietnam...), évitant par cet intermédiaire de compromettre directement le grand frère russe avec des interlocuteurs peu recommandables...
Loukachenko, toujours aussi ostracisé en Occident et de plus en plus en froid avec Vladimir Poutine, cherche à s'assurer le maximum de soutien dans ce qui constituait jadis le camp des "non-alignés", jouant ainsi une carte risquée au cas où les Russes le lâcheraient définitivement pour ne pas froisser ses partenaires notamment américains. Le jour où il perdra l'accès à la technologie militaire russe, on peut se demander si l'autocrate biélorusse gardera le même intérêt chez ses "grands amis" Ahmadinejad ou Chavez. En attendant, comme le souligne fort justement Nezavissimaïa Gazeta, la constitution pas-à-pas de ce club anti-américain renforce considérablement l'indépendance réelle de la Biélorussie vis-à-vis du Kremlin. Méfions-nous bien en Occident de sous-estimer l'homme fort de Minsk qui est plus complexe (et fin stratège) que nous serions tentés de le penser au vu de ses méthodes brutales et de ses déclarations ubuesques...
ajouter un commentaire commentaires (1) créer un trackback recommander

Difficile en effet d'imaginer relation plus étroite entre deux dirigeants politiques qui peuvent s'exprimer l'un au nom de l'autre avec une légitimité certaine et bien comprise de leurs interlocuteurs. Pourtant, les deux dirigeants viennent de donner un regrettable exemple de manque de cohérence au sujet de la politique de défense de l'Union Européenne. Dans un récent entretien accordé au Financial Times, le Président polonais a confié que l'idée d'une armée européenne faisait son chemin en Europe, idée soutenue entre autres par son frère lors de sa visite officielle à Berlin. Ces propos sont de source fiable d'autant plus que l'intervieweur du "FT" a pris le soin de préciser que toutes les autorisations de publication avaient été données par la Présidence.
le ministre de l'Education se sent pousser des ailes. Roman Giertych, qui est également le leader de l'ultra-catholique Ligue des Familles Polonaises, multiplie les initiatives musclées et occupe la scène médiatique par ses prises de position.
Aux professionnels présents à une récente conférence de presse, il a fait savoir que désormais, il ne souhaitait plus être photographié de profil (comme sur la photo ci-contre par exemple) mais uniquement de face. Pour s'assurer de l'obéissance des photographes, l'estrade a été munie d'un cordon de sécurité par le cabinet du Premier ministre.

Incorrigible boulimique de lecture de la presse internationale par Internet, je m'intéresse entre autres à l'actualité de l'Europe Centrale.

