
En marge de la célébration des 50 ans du Traité de Rome par les 27 membres de l'Union Européenne, ce dimanche 25 mars marquait aussi l'anniversaire de l'éphémère première République Biélorusse indépendante, proclamée en 1918. Chaque année depuis la Cette année, l'opposition avait décidé de préparer cet événement à l'avance, en tentant une stratégie inédite jusque là : la main tendue vers le pouvoir (cf. appel à l’unité du pays dans les rues de Minsk). Un appel à l'unité nationale qui est tout à fait dans la ligne du leader de l'opposition Alexandre Milinkievitch et qui intervient dans un contexte d'extrême tension entre le régime de Minsk et son principal soutien historique, la Russie. Ces circonstances apparemment idéales, ajoutées aux timides déclarations de Loukachenko à destination de ses "partenaires" européens pouvaient laisser envisager une issue favorable à cette initiative. Or, le pouvoir central biélorusse a une nouvelle fois répondu par la répression à ceux qui n'ont pas voulu contester sa légitimité, mais simplement osé lui adresser la parole… Dès le milieu de la matinée, la police avait massivement investi les principales artères de la capitale, interdisant l'accès à l'emblématique Place d'Octobre, théatre il y a un an du camp de tentes dressé pour protester pacifiquement contre les résultats de l'élection présidentielle. Cette fois, la colonne de manifestants a du rebrousser chemin mais est restée groupée (de 5.000 à 10.000 participants selon les estimations) et a pu écouter les dirigeants de l'opposition, amers devant ce refus du dialogue des autorités. Quelques députés européens, la plupart des consuls en poste à Minsk ainsi que Vladimir Ryzhkov, député de la Douma russe, ont eu le temps d'écouter les discours avant que les forces spéciales ne "pacifient" l'attroupement avec la brutalité dont elles sont coutumières : une violence démesurée, nullement freinée par la présence de ces personnalités étrangères. Au total, l'opposition estime que plus de quarante personnes ont été arrêtées dans la seule capitale (d'autres manifestations importantes ont été organisées en province). Ce chiffre ne tient compte ni des interpellations préventives menées depuis quelques jours par les forces spéciales, ni des nombreux citoyens empêchés de se rendre à la manifestation par des moyens détournés : interruption des lignes ferroviaires vers Minsk, multiplication des contrôles routiers… Ce 25 mars, comme on pouvait le craindre, ne marquera donc pas l'amorce d'une détente du régime de Loukachenko dans l'intérêt supérieur de la Nation. Au contraire, Alexandre Milinkievitch et son épouse ont été frappés par la police, le prix Sakharov 2006 chutant même au sol sous les coups des forces de l'ordre. On ne peut une nouvelle fois que déplorer le silence assourdissant des médias européens (à l'exception de la presse polonaise) devant cette crispation du régime face à son opposition démocratique. L'esprit du Traité de Rome avait une fois encore oublié de souffler sur Minsk en ce beau dimanche de printemps…
dissolution de l'Union Soviétique, cette date est l'occasion de manifestations placées sous le signe de l'indépendance du pays, qui est loin d'être un fait acquis en 2007. L'an passé, cette fête baptisée День Воли (jour de la Volonté ou de la Liberté selon les interprétations) coïncidait avec la vague de protestations sans précédent consécutive au scrutin présidentiel qui avait vu la reconduite au pouvoir d'Alexandre Loukachenko. Parmi les nombreuses interpellations survenues ce jour-là, on comptait entre autres un des protagonistes de l'élection, l'ex-ministre Alexandre Kazouline, toujours emprisonné à ce jour. (cf.Kazouline reprend des forces mais reste en prison)
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