Tout à son auto-satisfaction du moment due aux bons résultats économiques de la Pologne (l'inflation la plus faible d'Europe, 5% de croissance prévisionnelle, etc...), le Premier Ministre Jarosław Kaczyński se laisse aller à donner des instructions aux journalistes, écornant du même coup un peu plus l'image désastreuse de la liberté de la presse dans son pays, placé à la dernière place des 25 membres de l'Union Européenne par le récent rapport de Reporters Sans Frontières.
C'est en Allemagne, où J. Kaczyński rencontrait son homologue Angela Merkel qu'ont été mises en pratique les nouvelles directives de cet incorrigible professionnel de la communication en gros sabots (le serveur d'Over-blog suffirait à peine à stocker l'énumération exhaustive des gaffes diplomatiques des jumeaux depuis un an, nous essayerons de reprendre ici quelques uns des faits les plus marquants). Bien entendu, la directive a soulevé un tollé Outre-Rhin (comme d'habitude), ce qui a été suivi d'une mise au point embarrassée d'un porte-parole du cabinet polonais (là aussi, comme d'habitude). Il ne s'agissait pas d'une obligation, mais d'une simple demande, a t'il été précisé...
Aux professionnels présents à une récente conférence de presse, il a fait savoir que désormais, il ne souhaitait plus être photographié de profil (comme sur la photo ci-contre par exemple) mais uniquement de face. Pour s'assurer de l'obéissance des photographes, l'estrade a été munie d'un cordon de sécurité par le cabinet du Premier ministre.
Peu importe, le mal est fait et une visite qui devait servir à recoller les morceaux entre les deux pays (et qui pour l'essentiel avait d'ailleurs été jugée plutôt positive) s'est encore une fois accompagnée d'une polémique, les journalistes allemands hurlant à une nouvelle atteinte aux libertés de la presse (après l'affaire de la "pomme de terre" dont je rappelerai ici même les grandes lignes prochainement) par les jumeaux de Varsovie. La "consigne" du Premier Ministre a été expliquée entre autres par der Spiegel par un double menton peu télégénique...
Les journaux polonais ont réagi de façon variée selon leur degré d'indépendance réelle : Gazeta Wyborcza (la Gazette Electorale, une des principales sources de ce bloc-notes) s'est empressée de publier malicieusement une série de photos de profil du Premier Ministre alors que d'autres journaux (Dziennik par exemple) appliquaient la consigne, cherchant à éviter les complications et trouvant tout cela bien anecdotique. Après le rapport de Reporters Sans Frontières, ce nouvel incident (même mineur) ne peut qu'inciter à la vigilance...
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le ministre de l'Education se sent pousser des ailes. Roman Giertych, qui est également le leader de l'ultra-catholique Ligue des Familles Polonaises, multiplie les initiatives musclées et occupe la scène médiatique par ses prises de position.
Difficile en effet d'imaginer relation plus étroite entre deux dirigeants politiques qui peuvent s'exprimer l'un au nom de l'autre avec une légitimité certaine et bien comprise de leurs interlocuteurs. Pourtant, les deux dirigeants viennent de donner un regrettable exemple de manque de cohérence au sujet de la politique de défense de l'Union Européenne. Dans un récent entretien accordé au Financial Times, le Président polonais a confié que l'idée d'une armée européenne faisait son chemin en Europe, idée soutenue entre autres par son frère lors de sa visite officielle à Berlin. Ces propos sont de source fiable d'autant plus que l'intervieweur du "FT" a pris le soin de préciser que toutes les autorisations de publication avaient été données par la Présidence.
Les deux candidats finalistes sont, comme on pouvait s'y attendre : d'une part Kazimierz Marcinkiewicz (PiS), Premier Ministre jusqu'à son éviction par les jumeaux, gênés par sa popularité et son approche plus pragmatique qu'idéologique des problèmes politico-économiques qui se posent au pays et de l'autre Hanna Gronkiewicz-Waltz (PO, Plate-forme Civique), ex-présidente de la Banque Centrale et candidate à la Présidence de la République en 1995.
ont scellé un accord sans précédent depuis le retour de la démocratie. En effet, sous la bannière Lewica i Demokraci (LiD)concouraient des candidats issus à la fois de l'aile gauche de Solidarité et des politiciens issus de l'ancien parti unique de la République Populaire. Cette alliance tout à fait inédite a choqué beaucoup d'anciens dissidents qui y ont vu une trahison de l'idéal anti-communiste d'avant 1989. Mais pour l'essentiel des dirigeants de ces formations, quasiment disparus du devant de la scène politique depuis le raz de marée PO-PiS de l'automne 2005, le pragmatisme a prévalu sur toutes les formes de scrupule. Un dirigeant tel que Wojciech Olejniczak (SLD, à gauche sur la photo), du fait de son jeune âge (33 ans) ne peut se voir reprocher le passé communiste de son parti. Déjà en 1995, le passé de Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports d'Aleksandr Kwaśniewski n'avait pas empêché ce dernier d'être élu confortablement contre Lech Wałęsa puis réélu très largement en 2000.

