Pologne-Actualité

Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /2006 22:46

Tout à son auto-satisfaction du moment due aux bons résultats économiques de la Pologne (l'inflation la plus faible d'Europe, 5% de croissance prévisionnelle, etc...), le Premier Ministre Jarosław Kaczyński se laisse aller à donner des instructions aux journalistes, écornant du même coup un peu plus l'image désastreuse de la liberté de la presse dans son pays, placé à la dernière place des 25 membres de l'Union Européenne par le récent rapport de Reporters Sans Frontières.

Aux professionnels présents à une récente conférence de presse, il a fait savoir que désormais, il ne souhaitait plus être photographié de profil (comme sur la photo ci-contre par exemple) mais uniquement de face. Pour s'assurer de l'obéissance des photographes, l'estrade a été munie d'un cordon de sécurité par le cabinet du Premier ministre.

C'est en Allemagne, où J. Kaczyński rencontrait son homologue Angela Merkel qu'ont été mises en pratique les nouvelles directives de cet incorrigible professionnel de la communication en gros sabots (le serveur d'Over-blog suffirait à peine à stocker l'énumération exhaustive des gaffes diplomatiques des jumeaux depuis un an, nous essayerons de reprendre ici quelques uns des faits les plus marquants). Bien entendu, la directive a soulevé un tollé Outre-Rhin (comme d'habitude), ce qui a été suivi d'une mise au point embarrassée d'un porte-parole du cabinet polonais (là aussi, comme d'habitude). Il ne s'agissait pas d'une obligation, mais d'une simple demande, a t'il été précisé...

 

Peu importe, le mal est fait et une visite qui devait servir à recoller les morceaux entre les deux pays (et qui pour l'essentiel avait d'ailleurs été jugée plutôt positive) s'est encore une fois accompagnée d'une polémique, les journalistes allemands hurlant à une nouvelle atteinte  aux libertés de la presse (après l'affaire de la "pomme de terre" dont je rappelerai ici même les grandes lignes prochainement) par les jumeaux de Varsovie. La "consigne" du Premier Ministre a été expliquée entre autres par der Spiegel par un double menton peu télégénique...

Les journaux polonais ont réagi de façon variée selon leur degré d'indépendance réelle : Gazeta Wyborcza (la Gazette Electorale, une des principales sources de ce bloc-notes) s'est empressée de publier malicieusement une série de photos de profil du Premier Ministre alors que d'autres journaux (Dziennik par exemple) appliquaient la consigne, cherchant à éviter les complications et trouvant tout cela bien anecdotique. Après le rapport de Reporters Sans Frontières, ce nouvel incident (même mineur) ne peut qu'inciter à la vigilance...

Par Wawrzek Lothringer - Publié dans : Pologne-Actualité
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /2006 22:37

Depuis la reconstitution de la coalition droitière au pouvoir il y a quelques semaines sur laquelle il a eu de l'avis général une influence prépondérante, le ministre de l'Education se sent pousser des ailes. Roman Giertych, qui est également le leader de l'ultra-catholique Ligue des Familles Polonaises, multiplie les initiatives musclées et occupe la scène médiatique par ses prises de position. 

Loin des tâtonnements et de la maladresse de ses débuts au gouvernement, il surfe allègrement sur la vague réactionnaire actuelle et récupère les idées de sa mouvance politique, confisquées jusqu'alors par PiS, le parti des jumeaux Kaczyński, passés maîtres dans l'art de phagocyter leurs alliés politiques... Profitant également de l'éclipse médiatique toute relative du charismatique trublion Andrzej Lepper, leader populiste du parti paysan Auto-Défense qui lui doit son retour au Ministère de l'Agriculture, Giertych veut se poser en locomotive idéologique de la droite polonaise.

Et pour ce faire, quelle meilleure tribune que ce ministère de l'Education où il a montré sa capacité de résistance, bousculé depuis des mois par une opposition interne qui ne faiblit pas. Interrogé récemment par des enseignants sur les solutions à apporter à l'actuelle vague de violence dans les écoles, le leader ultra-catholique s'est placé sur le terrain de la répression, de l'autorité rigoureuse et de la discipline.

Répondant à un ecclésiastique qui prônait au contraire amour et écoute pour les jeunes égarés dans la violence, le ministre a martelé son mot d'ordre, "Tolérance Zéro", déniant aux élèves le droit de contester les adultes en quoi que ce soit. "Je n'imagine pas que la démocratie ait sa place à l'école. Les soldats ne décident pas de la façon de mener la bataille et à l'hôpital, ce ne sont pas les patients qui décident de s'opérer les uns les autres. Les enfants ne sont pas pleinement conscients de leurs droits, donc la démocratie n'est pas pour eux, elle appartient aux individus réellement conscients".

Assorti d'une série de propositions d'ordre notamment vestimentaires (interdiction des mini-jupes au dessus du genou, des piercings, des nombrils découverts, obligation d'avoir des coiffures traditionnelles...), le plan Tolérance Zéro reçoit l'assentiment d'une partie importante de l'électorat catholique conservateur, prépondérant en Pologne. Toutefois, la tentation pour le jeune et fougueux ministre d'aller plus vite que la musique pour profiter de l'état de l'opinion publique traumatisée par les drames récents (en particulier la mort atroce de la jeune Ania, 14 ans violée puis tuée dans un collège de Gdansk) pourrait lui attirer la méfiance des jumeaux Kaczyński qui ont un besoin vital des électeurs que séduit ce discours radical. A quand le dérapage qui verra un retournement de l'opinion?

Par Wawrzek Lothringer - Publié dans : Pologne-Actualité
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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /2006 15:21

On pouvait au moins attendre de la présence des jumeaux Kaczyński à la tête de l'Etat polonais une certaine cohérence dans le discours officiel. Difficile en effet d'imaginer relation plus étroite entre deux dirigeants politiques qui peuvent s'exprimer l'un au nom de l'autre avec une légitimité certaine et bien comprise de leurs interlocuteurs. Pourtant, les deux dirigeants viennent de donner un regrettable exemple de manque de cohérence au sujet de la politique de défense de l'Union Européenne. Dans un récent entretien accordé au Financial Times, le Président polonais a confié que l'idée d'une armée européenne faisait son chemin en Europe, idée soutenue entre autres par son frère lors de sa visite officielle à Berlin. Ces propos sont de source fiable d'autant plus que l'intervieweur du "FT" a pris le soin de préciser que toutes les autorisations de publication avaient été données par la Présidence.

Lech Kaczyński évoque dans l'article le projet de création de ce corps d'armée permettant de mettre plus rapidement à disposition de l'Union Européenne un contingent de 25 à 30.000 hommes pour des missions extérieures, sous l'égide de l'OTAN. Le nombre des soldats de ce corps est chiffré par le Président polonais à 80-100.000 hommes au total. A la question de savoir avec qui son frère avait mené les discussions sur ce sujet, le président a évoqué des entretiens avec Angela Merkel et Jose Manuel Barroso.

Or, de l'aveu même de Jarosław (le Premier ministre) précédé de son collaborateur Jan Dziedziczak, ce thème n'aurait pas été abordé lors des conversations! Ceci contredit non seulement les propos du président mais aussi ceux de Rüdiger Petz, porte-parole de la chancellerie allemande, qui avait lui aussi confirmé l'information. D'un point de vue purement politicien, l'information aurait pu coûter cher aux jumeaux dont la base électorale est largement euro-sceptique et aurait vu d'un mauvais oeil ce nouveau sacrifice de souveraineté nationale. Au moment où l'opposition a le vent en poupe et où l'omniprésence médiatique de Roman Giertych (cf. http://bazar-slave.over-blog.com/article-4450304.html) pourrait commencer à réduire l'assise électorale de PiS (le parti des jumeaux), mieux vaut se mettre encore un peu plus en difficulté vis-à-vis des partenaires européens que risquer de perdre des voix dans le pays ; c'est en tout cas le calcul politique retenu par les Kaczyński, l'information démentie par le Premier ministre a été suivie d'un nouveau démenti du Président, affirmant que ses propos avaient été déformés, comme d'habitude pourrait-on dire...

En conséquence, l'opposition se régale et parle de "schizophrénie" à la tête de l'Etat et souligne que le projet mériterait d'aller plus loin et de se détacher de la tutelle américaine, faute de quoi il serait rejeté par la France et les pays neutres et n'aurait plus de sens. De son côté, l'OTAN fait savoir que la proposition d'une force militaire européenne "indépendante" est inacceptable pour l'Organisation. Les jumeaux ont une nouvelle fois réussi à obtenir un joli consensus diplomatique... en leur défaveur, réussissant à mécontenter tous les partenaires, par une prise de position comme par son contraire!

Par Wawrzek Lothringer - Publié dans : Pologne-Actualité
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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 13:24

Un ballon d'essai avait été lancé en septembre au sanctuaire de la Vierge Noire de Czestochowa, lieu hautement symbolique de l'identité catholique polonaise. A cette occasion, Roman Giertych, vice-premier ministre en charge de l'Education et leader de l'ultra-catholique Ligue des Familles (LPR) avait évoqué l'inscription dans la Constitution de l'interdiction de l'IVG.
Actuellement, la dite-constitution mentionne l'engagement de l'Etat polonais à "protéger la vie de chaque être humain", formule de principe sans implication pratique particulière. Or, le projet de la LPR consisterait à rajouter à cette phrase "depuis la conception jusqu'à la mort naturelle", ce qui est cette fois beaucoup plus riche en implications directes.
A l'époque, les dirigeants du parti pensaient pouvoir dégager une majorité large (il faut deux tiers des voix au Parlement polonais pour faire entrer en vigueur une modification de la Constitution) mais avaient du céder aux pressions du chef de l'Etat, en délicatesse avec ses partenaires européens et soucieux de donner une image plus lisse de sa majorité parlementaire, perçue à juste titre comme réactionnaire.

Ce n'était que partie remise et depuis la vraie-fausse dissolution de la coalition qui a vu le départ puis la réintégration du populiste Lepper dans le gouvernement, les durs de la droite catholique ont repris l'initiative. La question de l'interdiction de l'avortement est donc revenu à l'ordre du jour. Cette question est extrêmement compliquée à manier politiquement en Pologne où une fraction très importante de la population, soutenu en cela par l'épiscopat et de nombreux responsables politiques de tous les camps en fait une question de principe. La législation actuelle est pourtant déjà certainement la plus restrictive d'Europe : il n'est permis aux femmes d'avorter qu'en cas de viol ou dans le cas où la grossesse serait reconnue dangereuse pour la vie de la mère et/ou de l'enfant.

Malgré le bon sens que semblent contenir ces exceptions reconnues par la loi (et finalement tolérées tant bien que mal par une société qui est soucieuse de consensus et d'apaisement sur une question douloureuse), les ultras veulent aller plus loin. Il semble que ce ne sont peut-être pas les quelques cas d'avortement thérapeutique pratiqués dans le pays actuellement qui sont visés en premier lieu, d'autant moins qu'avec l'ouverture des frontières, une Polonaise qui désire se faire avorter peut se rendre en Scandinavie ou en Allemagne sans difficultés particulières. En fait, la LPR souhaite par ce projet imprimer durablement sa marque dans la Loi fondamentale de la République et éviter dans le futur tout retour en arrière (sous pression notamment de l'Union Européenne). Cette surenchère participe également de la récupération de l'électorat le plus réactionnaire au détriment du PiS des jumeaux Kaczynski.

Pour le moment, le Président considère (comme la majorité de ses concitoyens) que le consensus actuel est suffisant et ne veut perdre par une initiative aussi irréversible ni ses électeurs modérés ni la confiance fragile de ses homologues européens. La réaction de Wojciech Wierzejski, l'extrémiste vice-président de la Ligue des Familles ne s'est pas faite attendre : "Et ces gens de PiS se prétendent catholiques!" Il ne faudra visiblement pas compter sur la LPR pour élever le niveau du débat...

Par Wawrzek Lothringer - Publié dans : Pologne-Actualité
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 11:59

Alors que les élections locales de dimanche dernier n'ont pas encore délivré leur verdict puisqu'il faudra un second tour pour départager les deux protagonistes à la présidence de la capitale, on connaît déjà le très grand perdant : la Ligue des Familles (LPR). Les deux candidats finalistes sont, comme on pouvait s'y attendre : d'une part Kazimierz Marcinkiewicz (PiS), Premier Ministre jusqu'à son éviction par les jumeaux, gênés par sa popularité et son approche plus pragmatique qu'idéologique des problèmes politico-économiques qui se posent au pays et de l'autre Hanna Gronkiewicz-Waltz (PO, Plate-forme Civique), ex-présidente de la Banque Centrale et candidate à la Présidence de la République en 1995.

A la troisième place, le représentant de la Gauche Marek Borowski (à gauche sur la photo) a capté l'essentiel des voix restantes qui ne sont pas portées sur l'une des deux figures politiques nationales incontestables qui s'affrontaient dans ce scrutin. Son ralliement éventuel à la Plate-forme Civique pourrait permettre à l'opposition de conquérir la capitale, ce qui serait vécu comme un échec cuisant par les jumeaux Kaczyński (Lech, l'actuel Président de la République était Maire de Varsovie jusqu'à son élection en 2005).

Derrière ces candidats importants, on attendait avec curiosité le score du représentant de la LPR, Wojciech Wierzejski, qui est par ailleurs vice-président du parti et un des plus fidèles collaborateurs de Roman Giertych. Ce jeune loup de l'extrême droite (30 ans) est issu du mouvement ultra-nationaliste de la jeunesse Mlodzież Wszechpolska (MW, "Jeunesse de la Grande Pologne", à défaut d'une meilleure traduction : les suggestions sont les bienvenues) et s'est surtout fait connaître par ses propos violemment homophobes. Opposé aux manifestations dites "Marche de l'Egalité" dans les rues des grandes villes (appelant au respect des minorités, sexuelles entre autres mais pas uniquement, dans le pays), il a publiquement refusé de serrer la main au journaliste et leader gay Szymon Niemiec "pour des raisons hygiéniques"

Le camouflet est cinglant : avec environ 0,3% des suffrages exprimés, le représentant ultra-catholique est même devancé par un candidat inclassable et décalé, le ''Major'' Fydrych qui se présente à la télévision affublé d'un bonnet orange et propose un programme politique aux accents dadaïstes qui tourne en ridicule les politiciens officiels. Etre parvenu à dépasser un membre éminent d'un parti de la coalition gouvernementale (doté en outre d'un ego non négligeable) est une grande victoire pour ce trublion, véritable OVNI politico-comique.

Les habitants de Varsovie, par leur forte participation (environ 55%, ce qui est excellent pour la Pologne, pays très abstentionniste) et leur rejet d'un extrémisme obtus, ont envoyé un signe fort de modernité à leurs voisins européens. Un programme suffisament solide pour séduire les habitants d'une capitale dynamique qui se rêve en métropole régionale ne peut décemment pas se réduire à une stigmatisation des "pédérastes violeurs d'enfants" et un appel à la restauration des valeurs de la "Pologne éternelle" contre le danger cosmopolite. La LPR n'a pas compris le fossé qui s'est creusé entre les grandes villes modernes et les campagnes moins favorisées et en paye aujourd'hui le prix fort par une humiliation qui fera date et pourrait voir ce parti progressivement absorbé par la formation des jumeaux Kaczyński.

 

Par Wawrzek Lothringer - Publié dans : Pologne-Actualité
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /2006 14:55

Au-delà du recul prévisible du parti au pouvoir Droit et Justice (PiS, droite conservatrice) au profit de la Plate-forme Civique (PO, centre-droit libéral), c'est bien le regain de vitalité de la Gauche qui est l'évènement majeur des dernières élections municipales. Devant le danger incarné selon eux par l'inquiétante dérive droitière du gouvernement Kaczyński, les leaders de gauche ont scellé un accord sans précédent depuis le retour de la démocratie. En effet, sous la bannière Lewica i Demokraci (LiD)concouraient des candidats issus à la fois de l'aile gauche de Solidarité et des politiciens issus de l'ancien parti unique de la République Populaire. Cette alliance tout à fait inédite a choqué beaucoup d'anciens dissidents qui y ont vu une trahison de l'idéal anti-communiste d'avant 1989. Mais pour l'essentiel des dirigeants de ces formations, quasiment disparus du devant de la scène politique depuis le raz de marée PO-PiS de l'automne 2005, le pragmatisme a prévalu sur toutes les formes de scrupule. Un dirigeant tel que Wojciech Olejniczak (SLD, à gauche sur la photo), du fait de son jeune âge (33 ans) ne peut se voir reprocher le passé communiste de son parti. Déjà en 1995, le passé de Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports d'Aleksandr Kwaśniewski n'avait pas empêché ce dernier d'être élu confortablement contre Lech Wałęsa puis réélu très largement en 2000.

Les autres leaders de la gauche issus de Solidarité tels que Marek Borowski (SdP, à droite sur la photo), ou Janusz Onyszkiewicz (demokraci.pl) ont tout simplement considéré que SLD était un parti social-démocrate comme les autres, et que le passé communiste ne devait pas être un frein pour la Pologne dans sa marche vers la modernisation. C'est au contraire en se focalisant de façon obsessionnelle sur ce passé en appelant à la constitution d'une IVe République "nettoyée" de tous les cadres plus ou moins compromis avec les autorités de l'époque communiste que les jumeaux Kaczyński ont pris le risque de fractionner le pays et y ont perdu une part de leur crédit électoral.

Dans un pays qui se caractérise toujours, il faut bien l'admettre, par une grande volatilité des alliances politiques et une tendance aux retournements de situations, il faut bien se garder de considérer cette association comme une refondation durable. L'avenir proche, et notamment le rapport de force entre gauche et centre dans l'opposition au gouvernement, nous diront si on peut ôter le point d'interrogation du titre du présent article et considérer que la gauche polonaise a (enfin?) changé d'époque.

Par Wawrzek Lothringer - Publié dans : Pologne-Actualité
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