A la fin du mois de novembre, les autorités lituaniennes avaient interpellé un citoyen biélorusse qu’elles soupçonnaient d’activités d’espionnage sur leur sol (cf. Un espion biélorusse interpellé en Lituanie). On en sait désormais un peu plus sur les activités que l’on reproche au Biélorusse et qui sont à l’origine de la mobilisation des autorités de Varsovie, en coordination avec leurs homologues baltes. Sergueï M. aurait collecté, notamment auprès d’un intermédiaire polonais nommé Krzysztof G., des renseignements sur des employés du Ministère Polonais des Affaires Etrangères : les identités, numéros de téléphone et adresses personnelles se seraient négociés autour de 500$. Des documents confidentiels émanant directement du dit-ministère auraient également été dérobés, mais la presse n’en sait pas plus pour le moment, comme on pouvait s’y attendre. Il semble que c’est ensuite par l’enclave russe de Kaliningrad que les informations auraient transité, au vu des nombreux séjours du suspect sur ce territoire. Jusqu’à maintenant, aucune mise en cause des autorités biélorusses n’a été directement formulée par la justice polonaise : c’est à titre individuel que le suspect sera poursuivi dès son arrivée en Pologne. Pour retarder voire empêcher son extradition, il ne reste en principe plus de recours à ses avocats, après la décision de la cour d’appel. L’avocat lituanien Albertas Bandzius veut tout de même transmettre le cas de son client à la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg. Il justifie sa démarche par un accord de coopération lituano-biélorusse qui prévoit qu’un citoyen d’un de ces deux pays a dans l’autre pays les mêmes droits qu’un autochtone : l’extradition deviendrait donc théoriquement impossible. Cet accord date de l’époque (lointaine…) où les deux pays étaient fraîchement indépendants et envisageaient sérieusement une union à quatre avec les deux autres pays baltes pour sortir en douceur de l’époque soviétique. Depuis, les chemins des deux Etats voisins (et jadis réunis au sein du Grand-Duché de Lituanie, cf. blason ci-contre, revendiqué par les nationalistes des deux pays) se sont sensiblement séparés : la Lituanie tournée vers l’Ouest et l’Union Européenne, la Biélorussie vers la Russie et aujourd’hui … vers elle-même. Cette tentative d’empêcher la prise en main de l’affaire par une juridiction polonaise est donc vouée à l’échec, d’autant plus que la coopération entre Polonais et Lituaniens semble efficace, dans un contexte de relations de voisinage au beau fixe : en 2006, le véto polonais à l’ouverture de négociations de l’UE avec la Russie avait déjà reçu l’appui inconditionnel et remarqué de la Lituanie. Le parlement de Vilnius examine en ce moment une proposition de loi du groupe conservateur qui vise à instaurer le 3 mai comme fête nationale : cette date marque l’anniversaire de la Constitution polono-lituanienne et n’était célébré jusqu’à présent que du côté polonais. Ce symbole fort de réconciliation régionale survient précisément au moment où la Biélorussie ressent le plus douloureusement la pression russe : le régime de Loukachenko, à la fois en quête de survie et d’alternative à sa dépendance au Kremlin saura t’il enfin s’inscrire positivement dans ce contexte régional ?
Elles soupçonnaient Sergueï M., 40 ans, de collecter des informations confidentielles concernant essentiellement les intérêts stratégiques de la Pologne. Détenu depuis dans une prison des environs de Vilnius, l’espion présumé devrait être extradé avant la fin-janvier comme le réclament les autorités polonaises depuis le début de l’affaire.
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reste néanmoins toujours très présent, dans une confortable position d'arbitre que la Constitution lui a imposé en limitant le nombre de mandats à deux. Cette restriction constitutionnelle a permis à l'ex-Secrétaire à la Jeunesse et aux Sports du temps de la République Populaire de réussir sa sortie, sans avoir à affronter les électeurs une troisième fois. La vague conservatrice qui a porté au second tour deux candidats de droite et laminé la gauche a ainsi épargné la popularité de l'ex-président.
interpellé à l'initiative des premiers, dans la plus grande discrétion. Le Procureur Général de Pologne, Janusz Kaczmarek se trouvait justement en Lituanie au même moment, officiellement pour dénouer un problème de circulation de poids lourds polonais bloqués à la frontière entre la Lituanie et la Lettonie. Ses collaborateurs ont par la suite reconnu que l'arrestation du citoyen biélorusse soupçonné d'espionnage était bien la raison principale du déplacement de ce haut fonctionnaire polonais, qui se félicite de l'excellente collaboration entre ses services et leurs homologues baltes.
continent. En fait, une fraction importante de la population de confession catholique (un tiers du pays environ) a également des origines polonaises mais ne se considère pas comme tel, dans un pays dont on a beaucoup dit et écrit qu'il avait été largement "soviétisé". Comme toutes les formations politiques, syndicats et organisations du pays, les associations de Polonais doivent composer avec l'omniprésence des autorités de Minsk et vivre sous leur contrôle et avec leur autorisation. Soucieux de tenir en respect un groupe national réputé pour son esprit d'indépendance voire d'insoumission, le président Loukachenko a veillé à s'assurer de la fidélité de représentants de la minorité polonaise en montant de toutes pièces "son" association, dûment encadrée et subventionnée. Pourtant, c'est une formation concurrente, la ZPB (Związek Polaków na Białorusi) qui est reconnue par la fédération des Polonais de l'étranger et par le gouvernement de Varsovie.

